Jean de La Fontaine

De Aux Bons Mots
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Jean La Fontaine

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illustre poète français, né à Château-Thierry, en Champagne, le 8 juillet 1621, mort à Paris le 13 avril 1695. D'une ancienne famille bourgeoise du pays, son père exerçait la charge de maître particulier des eaux et forêts. Le jeune La Fontaine reçut une première éducation assez négligée et avait fait de médiocres éludes à Château-Thierry, lorsque, à l'âge de vingt ans, il entra chez les Oratoriens de Reims pour étudier la théologie, soit qu'il voulût, comme on le raconte, suivre la carrière ecclésiastique, ou seulement prendre les ordres exigés pour posséder des bénéfices. Au bout de dix-huit mois, il renonça à la théologie, quitta l'Oratoire et se jeta dans une vie de dissipation et de plaisir.

La ville de Reims, qu'il aimait beaucoup, fut surtout le théâtre de ses excès de jeunesse, au milieu desquels lui vint le goût de la poésie. On a raconté que la lecture de l'ode de Malherbe sur la Mort d'Henri IV avait produit en lui, vers l'âge de vingt-cinq ans, le premier et soudain éveil de son génie poétique ; mais il est constant que La Fontaine, avant de connaître Malherbe, avait déjà rimé des vers légers, et plus conformes à ses goûts naturels.

Dès cette époque, soit à Château-Thierry, soit à Reims, il lisait beaucoup non-seulement Malherbe et Voiture, si goûtés de ses contemporains, mais des poètes et des conteurs français de diverses époques, et des auteurs anciens et étrangers. De lui-même, il allait de préférence aux écrivains italiens, et ses savants amis de Reims, Pintrel, traducteur de Sénèque, et le chanoine de Maucroix, traducteur de Platon, l'initièrent aux œuvres sérieuses des Latins et des Grecs. Horace surtout eut la meilleure influence sur son goût et le guérit de son admiration pour le bel esprit des auteurs à la mode.


A la fin, grâce aux dieux,
Horace, par bonheur, me dessilla les yeux.

Il est reçu à l'Académie française en 1684.

Épitaphe de La Fontaine écrite par Lui-même

Jean s'en alla comme il était venu,
Mangeant son fonds après son revenu ;
Croyant le bien chose peu nécessaire.
Quant à son temps, bien sçut le dispenser :
Deux parts en fit, dont il souloit passer
L'une à dormir, et l'autre à ne rien faire.