Charles-Augustin Sainte-Beuve

De Aux Bons Mots
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Sainte-Beuve

Charles-Augustin Sainte-Beuve, célèbre critique et poète français, né à Boulogne-sur-Mer le 23 décembre 1804, mort à Paris le 13 octobre 1869.

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Dirigé par sa mère, originaire d'Angleterre et femme d'un esprit distingué, il avait terminé, à quatorze ans, dans une institution de Boulogne, ses humanités, qu'il vint refaire avec le plus brillant succès au collège Charlemagne. Malgré son penchant pour la poésie, il choisit la carrière de la médecine et se livra à l'étude de l'anatomie. Mais la contradiction de ses travaux avec ses goûts naturels, ses relations littéraires et les circonstances le ramenèrent à la poésie, et il fut, autour de M. V. Hugo, un des membres du cénacle romantique.

Son premier essai fut le Tableau historique et critique de la poésie française et du théâtre français au XVIe siècle (1828, édition augmentée, 1843, in-18), entrepris à l'occasion d'un concours de l'Académie française, et regardé comme un des meilleurs morceaux d'histoire littéraire et de critique de l'époque. II donna ensuite, sous le pseudonyme de Joseph Delorme, avec la Vie du prétendu auteur, un premier recueil de Poésies, qu'il fit suivre des Consolations et des Pensées d'août (1829-30, nouvelle édition, 1810, in-12).

Cette poésie, où l'anatomie de soi-même était portée à un excès qui fit appeler l'auteur "un Werther carabin", tenait précisément son originalité du talent d'analyse intérieure, marque d'une certaine teinte de mysticisme chrétien.[1]

Citations et bons mots

« Théophile Gautier, qui a une figure assez agréable, assez noble, la chevelure parfumée, le gilet écarlate, a l'haleine gâtée, détestable : ainsi dans sa poésie, à travers toutes les couleurs et les formes spécieuses, il revient toujours un petit souffle fétide, qui corrompt. » Mes Poisons, Sainte-Beuve

« Hugo enfin veut être de l'Académie ; il s'en occupe, il vous en entretient gravement, il s'y appesantit durant des heures, il vous reconduit par distraction du boulevard Saint-Antoine à la Madeleine, à minuit, tout en vous en parlant. Dès que Hugo tient une idée, toutes ses forces s'y portent en masse et s'y concentrent ; et l'on entend arriver du plus loin sa grosse cavalerie d'esprit, artillerie et train, et métaphores. » Mes Poisons, Sainte-Beuve

« Mme d'Argoult avait livré au public son ancien amant Liszt dans Nélida ; voilà Mme Sand qui, à ce qu'on dit, fait la même chose pour Chopin dans Lucrezia ; elle achève d'immoler les pianistes avec des détails ignobles de cuisine et de lit. Ces dames ne se contentent pas de détruire leurs amants et de les dessécher ; elles les dissèquent. » Mes Poisons, Sainte-Beuve

Références

Dictionnaire universel des … Gustave Vapereau - Hachette, 1876 - 2096 pages.

Illustration Sainte-Beuve : Par Bertall — commons.wikimedia.org